CONFLIT AU MOYEN-ORIENT
#IRAN 🇮🇷 : L'HOMME QUI A VU LA LIBYE S'ÉCROULER TIRE LA SONNETTE D'ALARME POUR L'IRAN"
Source : -- () Date : 16-04-2026 -- N°: 103 -- Lu : 3132 fois -- envoyer à un ami
Moussa Ibrahim, ancien porte-parole de Kadhafi, met en garde l’Iran : ne croyez pas les promesses de paix des Américains, car la Libye a cru pouvoir s’entendre avec l’Occident et elle en a payé le prix par son effondrement total.
Moussa Ibrahim, le dernier ministre de l'Information de Mouammar Kadhafi, a lancé un avertissement très ferme aux autorités iraniennes dans une interview accordée à la chaîne RT le 10 avril 2026. Voici ce qu'il leur a dit mot pour mot : "Je voudrais conseiller aux autorités à Téhéran d'être très prudentes, de ne pas croire aux plans de paix américains et de ne jamais abandonner leur souveraineté ni leur dissuasion pendant les négociations". Il a conclu par une leçon tirée du désastre libyen : "La Libye était en effet un pays africain très fort et très stable, mais parce que nous avons cru une fois qu’il était peut-être possible d’entretenir des relations amicales avec l’Occident… nous avons payé un prix très lourd".
Qui est cet homme ? Moussa Ibrahim est né en 1974 dans la tribu des Kadhafa, la même que celle de Mouammar Khadafi. Il a passé quinze ans au Royaume-Uni où il a étudié les sciences politiques à l'Université d'Exeter, puis la communication à Royal Holloway. Ses anciens professants le décrivent comme un étudiant sympathique, intelligent mais colérique, amateur de vin rouge, qui a même causé un incident diplomatique en Jordanie en lançant une glace sur un vendeur ambulant. Il a épousé une Allemande avec laquelle il a eu un enfant. En 2011, il devient le visage international du régime de Kadhafi, apparaissant chaque jour devant les caméras du monde entier depuis l'hôtel Rixos à Tripoli. Contrairement à son chef, il a survécu à la chute du régime. Aujourd'hui, il vit en Afrique du Sud et travaille comme secrétaire exécutif de l'African Legacy Foundation, une ONG basée à Johannesburg.
Pourquoi met-il l'Iran en garde ? Ses conseils interviennent à un moment très précis. Le 11 et 12 avril 2026, des négociations directes entre les États-Unis et l'Iran se sont tenues à Islamabad, la capitale du Pakistan. La délégation américaine était menée par le vice-président J.D. Vance, tandis que les Iraniens étaient représentés par le président du parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. Ces pourparlers, qui ont duré vingt et une heures, n'ont pas abouti à un accord. Washington exigeait que Téhéran suspende son enrichissement d'uranium pendant vingt ans, tandis que les Iraniens ne proposaient qu'une suspension de cinq ans. Selon Moussa Ibrahim, il ne faut pas se fier aux apparences. Il affirme que "les deux parties arrivent à ces négociations avec des idées différentes sur la paix et le conflit". Selon lui, les Iraniens sont sincères dans leur recherche d'une solution, mais "pour les Américains, ce n'est pas une diplomatie de paix ou de résolution de conflit, mais plutôt un contrôle de l'escalade". Il estime que Washington n'a aucun intérêt à mettre fin au conflit, car le chaos au Moyen-Orient permet aux États-Unis de "continuer à semer la destruction dans la région pour s'assurer que toute puissance régionale montante est sous contrôle… pour que la région ne soit jamais unie".
La leçon libyenne, de A à Z. Pour comprendre pourquoi cet homme est si amer, il faut revenir sur ce qui est arrivé à son pays. Dans les années 2000, Kadhafi a voulu sortir de l'isolement international. En décembre 2003, il a pris une décision spectaculaire : renoncer à tout programme d'armes de destruction massive. Il a accepté de démanteler ses missiles balistiques, de signer le traité de non-prolifération nucléaire et de se soumettre à des inspections internationales. Le président américain de l'époque, George W. Bush, avait salué cette décision en déclarant qu'elle allait "contribuer à renforcer la sécurité des États-Unis" et que la Libye allait ainsi "rejoindre la communauté des nations". Pendant des années, la Libye a cru avoir fait le bon choix. Les compagnies pétrolières occidentales comme Total et Eni sont revenues, les sanctions ont été levées, et des dirigeants comme Tony Blair et Nicolas Sarkozy sont venus à Tripoli. Mais quand le "Printemps arabe" a atteint la Libye en février 2011, tout a basculé.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 1973 le 17 mars 2011, qui autorisait les pays membres à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils. Officiellement, il s'agissait d'imposer une zone d'exclusion aérienne. Dans les faits, l'OTAN a lancé une campagne de bombardements massifs qui a duré des mois. Le 20 octobre 2011, Kadhafi a été capturé, torturé et lynché à Syrte. Sa mort n'a pas apporté la paix. Au contraire, la Libye a sombré dans un chaos terrible. Le pays, autrefois relativement stable avec une production pétrolière de 1,6 million de barils par jour, est devenu un champ de bataille entre milices rivales. Deux gouvernements se disputent le pouvoir, l'un reconnu par la communauté internationale à Tripoli, l'autre dirigé par le maréchal Haftar dans l'est. Et ce n'est pas tout : des réseaux d'esclavage moderne se sont développés, visant les migrants africains qui tentent de traverser le pays. Pour Moussa Ibrahim, le marché passé avec l'Occident n'était qu'un piège. Dès que le régime a montré des signes de faiblesse, l'OTAN a utilisé l'opportunité pour démanteler un État qui, bien qu'isolé, résistait aux diktats de Washington. Ironie du sort, certains responsables américains et israéliens citent aujourd'hui le "modèle libyen" comme un exemple à suivre pour le désarmement de l'Iran.
Sa conclusion est sans appel. Dans un monde où les grandes puissances jouent leurs propres cartes, la confiance peut être une faiblesse mortelle. La force, la souveraineté et la capacité de dissuasion sont, selon lui, les seuls garants de la survie d'un État. En s'adressant à l'Iran, Moussa Ibrahim ne donne pas un simple avis. Il offre le témoignage brut d'un homme qui a vu son propre monde s'effondrer pour avoir cru aux promesses occidentales.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Lorsqu'une grande puissance propose un "accord de paix" ou un "désarmement négocié", comment un pays plus faible peut-il distinguer une véritable opportunité de sortir de l'isolement d'un piège stratégique destiné à le déstabiliser ?
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À très vite 🔥
#𝗟𝗘𝗕𝗢𝗡
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Sources :
· Article de RT du 10 avril 2026, "Iran must not repeat Libyan mistake of trusting US – ex-Gaddafi minister" : 🔗 www.rt.com
· Page Wikipédia de Moussa Ibrahim : 🔗 fr.wikipedia.org
· Article de la BBC sur le parcours britannique de Moussa Ibrahim : 🔗 www.bbc.com
· Article du Devoir sur le renoncement libyen aux ADM en 2003 : 🔗 www.ledevoir.com
· Page de l'OTAN sur l'intervention en Libye : 🔗 www.nato.int
· Article du Grand Continent sur les négociations Iran-États-Unis à Islamabad : 🔗 legrandcontinent.eu
· Article de l'Atlantic Council sur le "modèle libyen" appliqué à l'Iran : 🔗 www.atlanticcouncil.org

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